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Meret Oppenheim, trois lunes blanches presque transparentes

Julien et Dominique Ferrandou - 93'

VF / STF / STA / STD / STE

Née à Berlin en 1913, Meret Oppenheim grandit entre l’Allemagne et la Suisse, nourrie très tôt de littérature, de rêves et d’un imaginaire affranchi des normes. Encouragée par des figures féminines artistes et féministes, elle revendique dès l’adolescence son indépendance et choisit la création comme territoire de liberté. 

À Paris, au début des années 1930, elle rejoint le cercle surréaliste autour de Breton, Giacometti, Arp et Man Ray. 

En 1936, son objet devenu légendaire, Le Déjeuner en fourrure, propulse son nom sur la scène internationale. Derrière ce succès fulgurant s’ouvre pourtant une longue crise intérieure : doute, dépression et silence créatif accompagnent son retour en Suisse pendant la guerre. Oppenheim traverse ces années comme une descente nécessaire, explorant ses rêves à la lumière de Jung, refusant toute assignation — artistique, sociale ou féminine.

Sa renaissance dans les années 1950 révèle une œuvre libre, ironique et protéiforme : peintures, sculptures, poésie, objets insolites où humour et métamorphose défient la logique. Meret Oppenheim incarne une pensée radicale : l’esprit créateur est androgyne. Jusqu’à sa mort en 1985, elle défend une vision de l’art comme espace d’émancipation absolue, où l’imaginaire devient un acte de résistance et de joie.

Meret ... En 3 dates

De 1930 à 1973

En 1930, Meret écrit dans son cahier de classe “x = lièvre”. Le dessin sera reproduit plus de quarante ans plus tard, dans le deuxième numéro de la revue Le Surréalisme même sous le titre Le cahier d’une écolière.

L’artiste encore adolescente exprime son aversion pour les mathématiques, et pour l’école. Quand son père s’enquiert de ce qu’elle voudrait faire, comprenant que les études ne l’intéressent pas, elle déclare “Je veux être peintre”.

1933, la série Erotique Voilée

A son arrivée à Paris, Meret commence à fréquenter le groupe surréaliste. Elle rencontre notamment Man Ray, qui lui propose une série de photos qui deviendra célèbre autant qu’elle fera scandale après sa reproduction dans la revue Minotaure : elle pose nue, près d’une machine d’imprimerie, le corps partiellement recouvert d’encre.

Elle explique plus tard qu’elle a accepté cette séance de photographie car cela correspondait à son tempérament “anti-bourgeois et révolutionnaire” : “Je décidai de vivre d’après mes propres lois, en faisant ce que ma conscience me permettrait. C’est cela qu’on a appelé ma “vie scandaleuse”. A moi, cela semble une vie normale.”

1975, prix artistique de la ville de Bâle

Elle remporte en 1975 ce prix prestigieux de la ville de Bâle, qui récompense ceux qui ont apporté une contribution exceptionnelle à la vie culturelle de Bâle, où elle a vécu une grande partie de sa vie. 

Elle y prononce un discours d’où est tirée l’une de ses citations les plus connues : “La liberté n’est pas donnée, il faut la prendre.” Elle s’exprime également sur la question féministe : “Depuis la création du patriarcat, [...] (les hommes) ont projeté sur les femmes le côté féminin d’eux même, qu’ils considèrent comme quelque chose de moindre valeur. Pour les femmes, cela signifie avoir à vivre leur propre vie de femme, ainsi que la vie féminine que les hommes projettent sur elles. Elles sont donc deux fois la femme. C’est beaucoup trop.”

Meret Oppenheim... En 3 œuvres 

Collection Phares : Films documentaires sur le surréalisme

Editeur du site : Les Editions Publialp

Siège social : 10 rue Henri Bergson, 38100 Grenoble (FRANCE) Hébergeur : Wix

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